Récolte des céréales

Couper les céréales, faire des gerbes, transporter, battre… Telles sont les premières fonctions à réaliser avant la phase de stockage et de transformation des céréales.  

Sont présentées ici, quelques machines utilisées pour ces fonctions, possédées par notre association, pour la plupart remises en état de marche et visibles sur notre site de la Bretonnière.


Javeleuse

Cet appareil coupe le blé, qui tombe sur un plateau poussé par les rabatteurs. Un rabatteur sur 4 va pousser la javelle sur le côté de la machine, hors du champ de passage de la javeleuse. Ainsi, celle-ci pourra travailler en continu, même si les javelles ne sont pas liées et rangées de suite. 

Les javeleuses ont été construites à partir de la moitié du XIX ème siècle, mais peu utilisées dans l’ouest.

Machine à battre à fléaux 

Ce type d’appareil a été imaginé vers 1830, en France et en Allemagne, pour mécaniser la pratique du battage au fléau. Grâce à un tambour mû par une manivelle et équipé d’un jeu de cames, l’appareil reproduit le battement successif de 3 batteurs sur le blé déposé au sol.

Différents types d’appareils ont été inventés, mais aucun n’a été développé de façon industrielle. 

Ici, reproduction construite par nos soins


Moissonneuse-lieuse

Inventée aux Etats-Unis par Deering Harvester Company, et construite pour la première fois en série en 1879, la moissonneuse-lieuse assure 3 fonctions en un seul passage :

-la coupe, grâce à une barre de coupe à l’avant

-la formation de javelles

-le liage des javelles, grâce à un noueur et un lien (en métal, puis en sisal, puis en plastique) 

La moissonneuse-lieuse a constitué une révolution dans la récolte des céréales. Ce matériel se généralisa dans l’ouest à partir de la fin du

XIX ème siècle (65 en Vendée en 1892) jusque vers 1950

Batteuse

Les batteuses  sont nées de l’aboutissement de nombreuses recherches autour du battage des céréales et de la traction nécessaire pour l’exercer.

Après le tribulum des romains, le fléau, le rouleau de pierre, la dépiqueuse, la batteuse fut inventée et se développa à partir de 1860, autour de 3 fonctions :

*le battage, pour extraire le grain de ses glumes (enveloppes)

*le secouage, pour séparer le grain de la paille

*le nettoyage, pour sélectionner le bon grain des impuretés, des grains cassés, des grains dépéris.

L’arrivée de la locomobile à vapeur a largement favorisé le développement des batteuses, en nombre et en puissance, relayée par les gros tracteurs à partir de 1945. 

Ici, batteuse Onillon, fabriquée à Nantes vers 1950


Monte-paille

Permettait de recevoir la paille sortant de la batteuse et de l’élever pour la construction du pailler.

L’élévateur, repliable pour le transport, pouvait se déployer jusqu’à 8-10 m.

 

Ici monte-paille construit par un fabricant des Deux-Sèvres et restauré par nos soins.

Egreneuse

L’égreneuse, imaginée au début du XIXème siècle, était constituée :

-d’un plateau permettant de faire pénétrer la céréale dans la machine, épi en avant

-d’un batteur : rotor tournant à grande vitesse, équipé de grosses dents métalliques

-d’un contre-batteur : pièce métallique fixe, équipée également de dents métalliques

En passant entre ces deux éléments, l’épi était égrené, c’est-à-dire dissocié de ses glumes.

Le grain tombait en dessous, la paille sortait par bout.

L’égreneuse (appelée aussi dépiqueuse) était entrainée:

>soit manuellement, grâce à des manivelles, pour les petites machines familiales

>soit par un manège circulaire, tourné par des bœufs ou des chevaux, pour les machines plus importantes.

Cette machine a été l’ancêtre de la batteuse. En effet, on y ajouta progressivement :

-des secoueurs, pour mieux séparer la paille du grain

-des grilles de triage du grain

-des retours d’épis non battus

-des ensacheurs, pour récupérer le grain dans des sacs.

L’arrivée, puis le développement des locomobiles à vapeur permit l’évolution de ces premières batteuses vers des machines beaucoup plus puissantes.

Moissonneuse-batteuse-automotrice

A partir de 1950, de nombreux constructeurs français et étrangers développent le battage mobile au champ. Après les moissonneuses-batteuses tractées, se développent les automotrices.

Progressivement, celles-ci vont connaitre des évolutions technologiques importantes :

-trémie (en remplacement des sacs) pour recevoir le grain

-polyvalence (possibilité de récolter, outre les céréales, le maïs, le tournesol, les pois, etc…)

-développement de la puissance (passage de 1, 50 m. de largeur de coupe jusqu’à 9 m. en 50 ans)

-amélioration du confort du conducteur (cabine insonorisée, poste de conduite amélioré, sécurités)

-développement de la technologie (indicateur instantané de rendement, conduite GPS), etc… 

  Ici, moissonneuse-batteuse Braud A 104, construite à St Mars la Jaille vers 1960 et restaurée par nos soins.